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hal.structure.identifierAMERIBER : Amérique latine, Pays ibériques [AMERIBER]
dc.contributor.authorBRAVO, Federico
dc.date.issued2007
dc.description.abstractTechniquement la question est simple : tout ce qui dans l'acte de parole ne ressortit pas à la situation relève du contexte et tout ce qui n'est pas du ressort du contexte est du ressort de la situation. Aussi distingue-t-on traditionnellement le discours proprement dit, c'est-à-dire ce que le locuteur déclare, et l'ensemble des circonstances dans lesquelles se déroule l'acte d'énonciation – lieu, temps, personne, entourage physique et social, compétence idéologique des locuteurs, etc. –, c'est-à-dire le cadre communicationnel qui rend cet acte de parole interprétable. Au contexte que l’on définit comme l'entourage strictement linguistique d'une unité linguistique (environnement du mot dans la phrase, environnement de la phrase dans le discours) s’oppose donc la situation que l’on définit comme l'environnement extralinguistique – non pas verbal, mais situationnel – qui spécifie l'acte de parole. Si l’on considère maintenant les deux discours constitutifs du texte dramatique que sont le dialogue et les indications scéniques, il est loisible, à partir de là, d’établir une correspondance biunivoque entre, d'une part, le contexte et le texte dialogué et, d’autre part, la situation et le paratexte didascalique. On dira, schématiquement, que ce que déclarent les personnages est constitué de texte et uniquement de texte et représente à ce titre le contexte linguistique, les indications scéniques ayant pour vocation, quant à elles, d’informer le lecteur sur la situation de communication dans laquelle se déroule l’échange dialogal : toutes les informations sur le cadre communicationnel que le dramaturge ne pourra implicitement faire passer dans les échanges verbaux, il devra nécessairement les expliciter par voie de didascalie, les inscrire en marge du texte dialogué (acotar signifie littéralement « inscrire une note marginale ») dans un texte second (paratexte) qui aura pour mission à la fois de contextualiser le dialogue et d’en assurer l’ancrage situationnel : est dévolu à ce texte second tout ce que le texte premier ne pourra prendre en charge, mais qui, nécessaire à son intelligence, permettra de le sémantiser droitement. Aussi l'écriture didascalique participe-t-elle mutatis mutandis du même mouvement complétif ou explétif qui, dans le discours courant, conduit par exemple à l'ouverture d'une parenthèse ou d'un aparté méta-énonciatif ou, dans un texte écrit, à l'insertion d'une glose explicative ou à l'inscription d'une note infrapaginale : les indications scéniques sont un peu comme le « mode d'emploi » du texte théâtral à cette particularité près qu’elles en font partie intégrante. Car il y a bien deux textes ¬– distincts et complémentaires – dans le texte dramatique : « le texte du langage dit et le texte de la représentation donné à voir ». Tous deux sont en interaction permanente comme le sont, dans l'acte d'énonciation ordinaire, le contexte et la situation. Il suit de là premièrement que le discours didascalique est l’expression d’une voix auctoriale sinon neutre du moins peu engagée modalement parlant à l’endroit de sa propre énonciation : d’où l’apparente objectivité qui préside à l’écriture didascalique qui semble représenter, dans l’ordre de la parole, une sorte de degré zéro de l’énonciation. Il suit de là également qu’en tant qu’émanation directe de cette instance auctoriale, le texte didascalique est texte sans médiation : le contenu des indications scéniques n’étant imputable ni à une voix poétique ni à une instance narrative ni à une quelconque instance fictive, c’est donc au seul dramaturge que revient de prendre en charge l’énonciation des didascalies, d’où l’effet de distanciation qui, court-circuitant l’histoire, ponctue à intervalles plus ou moins réguliers la lecture de l’œuvre : arraché à la fiction dans laquelle le dialogue l’a plongé, le lecteur a l’impression en lisant les indications scéniques d’assister au spectacle de l’écriture du texte dramatique, non à la mise en scène de la pièce mais à la mise en scène de sa mise en scène. Il suit de là enfin que le discours didascalique ayant pour mission de spécifier la situation de parole et de préciser les conditions de la représentation, le langage y est instrumentalisé au service de la fonction de régie qu'il exerce dans le texte dramatique, d’où l’économie des moyens qui préside au discours didascalique dont le style est souvent qualifié de « télégraphique ». Voilà pour la théorie…
dc.language.isofr
dc.source.titleLe retour du tragique : le théâtre espagnol aux prises avec l'histoire et la rénovation esthétique (1920-1936)
dc.titleLes didascalies de Valle-Inclán dans Luces de Bohemia
dc.typeChapitre d'ouvrage
dc.subject.halSciences de l'Homme et Société/Littératures
dc.subject.halSciences de l'Homme et Société/Linguistique
bordeaux.title.proceedingLe retour du tragique : le théâtre espagnol aux prises avec l'histoire et la rénovation esthétique (1920-1936)
hal.identifierhalshs-01598878
hal.version1
hal.popularnon
hal.audienceInternationale
hal.origin.linkhttps://hal.archives-ouvertes.fr//halshs-01598878v1
bordeaux.COinSctx_ver=Z39.88-2004&rft_val_fmt=info:ofi/fmt:kev:mtx:journal&rft.title=Les%20didascalies%20de%20Valle-Incl%C3%A1n%20dans%20Luces%20de%20Bohemia&rft.btitle=Le%20retour%20du%20tragique%20:%20le%20th%C3%A9%C3%A2tre%20espagnol%20aux%20prises%20avec%20l'histoire%20et%20la%20r%C3%A9novation%20esth%C3%A9tique%20(1920-1936)&rft.atitle=Les%20didascalies%20de%20Valle-Incl%C3%A1n%20dans%20Luces%20de%20Bohemia&rft.date=2007&rft.au=BRAVO,%20Federico&rft.genre=unknown


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